Ce que le contrôle RGIE vérifie dans votre installation
Schéma, mesures de terre, différentiels, sections de câble : ce que l'organisme agréé contrôle point par point lors d'une visite RGIE sur une installation domestique.
par Marc Delvaux, électricien, chef de chantier relu par Nadia Bertels

Départ Comprendre ce qu'un contrôle électrique regarde avant de le programmer.
En Belgique, le contrôle d'une installation électrique domestique n'est pas fait par l'État ni par le distributeur : il est confié à un organisme de contrôle agréé que vous choisissez et payez vous-même. Le contrôleur applique le RGIE, le Règlement général sur les installations électriques, et rend un rapport : conforme, conforme avec remarques, ou non conforme avec des infractions à lever.
Voici ce qu'il regarde, dans l'ordre où cela se passe généralement sur place.
Le dossier et le schéma
Avant même d'ouvrir le tableau, le contrôleur demande le schéma unifilaire : le plan qui dit combien le tableau compte de départs, quelle section de câble alimente chaque circuit et quelle protection le couvre. Sur une installation récente ou refaite, ce schéma doit exister et être à jour. Sur une vieille installation, son absence n'est pas bloquante mais le contrôle prend plus de temps, car chaque circuit doit être identifié à la main.
Les mesures
Le contrôleur branche son appareil et mesure :
- la continuité de la prise de terre : le conducteur vert-jaune doit relier chaque point au barillet de terre ; une terre interrompue est une infraction grave ;
- la valeur de la terre : l'écartement entre la terre et le neutre se mesure, la règle domestique courante demande une boucle raisonnable et le plus souvent une valeur en dessous de 30 ohms ;
- la résistance d'isolement : les conducteurs ne doivent pas fuir vers la terre ;
- le déclenchement des différentiels : chaque interrupteur différentiel est testé sur son bouton et avec l'appareil, qui vérifie qu'il coupe dans le temps prévu.
Les protections au tableau
Le RGIE exige au moins deux niveaux de protection différentielle : un 300 mA en tête de l'installation générale, et un 30 mA pour les circuits « humides » (salle de bain, buanderie, extérieur, prises de la cuisine et de la cave). Le contrôleur vérifie leur présence, leur calibre et le circuit qu'ils couvrent réellement : un différentiel posé mais mal raccordé vaut une infraction.
Il regarde aussi la cohérence disjoncteur/section : un circuit en 1,5 mm² sous un disjoncteur de 20 A, ou un 2,5 mm² derrière une protection trop généreuse, est relevé.
Les pièces à risque
La salle de bain concentre une grande partie des remarques. Le RGIE divise la pièce en volumes (0, 1, 2, 3) et fixe ce qui peut s'y trouver : aucune prise classique dans les volumes 0 à 2, des appareils adaptés à l'indice de protection exigé, et une liaison équipotentielle qui relie les masses métalliques à la terre. Une prise à portée de la douche est l'infraction la plus fréquente des ventes de maisons anciennes.
Le contrôleur inspecte aussi les endroits visibles : boîtes de dérivation accessibles et fermées, conduites qui ne traînent pas, appareillage entier, pas de fil dénudé.
Ce que le rapport change
- Rapport conforme : le certificat est délivré, il accompagne l'installation pendant sa durée de validité.
- Remarques : des points à corriger dans un délai indiqué ; l'organisme revient ou accepte des preuves selon les cas.
- Infractions : le rapport est négatif ; les défauts de sécurité doivent être levés, souvent avec une nouvelle visite.
Ce que nous vérifions avant de programmer la visite
Sur nos chantiers de mise en conformité, on refait à l'avance les mesures que l'organisme fera : continuité et valeur de terre, isolement, déclenchement des différentiels, tour des volumes de la salle de bain. Le jour du contrôle, le tableau est repéré et le schéma imprimé ; les surprises du rapport se limitent alors aux points de détail.


