Aller au contenu

Équipements

La domotique raisonnable : filaire ou radio

Bus câblé ou modules radio : ce que la domotique change dans l'installation d'une maison, ce qu'on câble pendant le chantier et ce qui se pose après sans saignée.

par Marc Delvaux, électricien, chef de chantier relu par Nadia Bertels

2 min554 mots

Une armoire technique de maison avec un rail de modules domotique à côté des disjoncteurs, câbles de bus fins regroupés, smartphone posé sur le capot
Le bus domotique court avec les gaines du chantier ; la radio se pose après, sans rouvrir les murs. Photo : Volterre · Relevé le

Départ Décider ce qui se câble pendant le chantier et ce qui attendra la radio.

La domotique dans une maison ne se résume pas à des ampoules connectées. Elle recouvre trois familles qui ne se câblent pas pareil : les commandes d'éclairage et de volets, la gestion de l'énergie, et les capteurs de sécurité. La bonne question n'est pas « domotique ou pas » mais « qu'est-ce qui doit marcher encore dans quinze ans, et qu'est-ce qui peut se changer ? ».

Ce qui se câble pendant le chantier

Tout ce qui devra survivre aux générations d'appareils mérite un câble, posé tant que les gaines sont ouvertes :

  • les commandes centrales (va-et-vient généralisé, « tout éteint » à la porte) en bus ou en télérupteur ;
  • les volets et stores motorisés, dont la gaine se décide au châssis ;
  • les détecteurs et contacts des accès, dont le câble fin court avec les autres ;
  • les gaines vides de réserve vers les points où quelque chose viendra un jour : caméras, portail, bornes, enceintes.

Un système câblé en bus (KNX et équivalents) se paie plus cher au départ mais donne des commandes dont la logique ne dépend d'aucun nuage ; il se reconfigure sans retoucher aux murs.

Ce qui va très bien en radio

Les modules radio ont gagné en fiabilité et gagné du terrain : thermostat, capteurs d'ouverture, prises pilotées, éclairage d'appoint. Leur place est ce qui se change sans regret : le capteur dont la pile se remplace, la prise qu'on déplace. Leur limite est connue : une commande d'éclairage structurante qui dépend d'une box et d'un abonnement vieillit moins bien qu'un fil.

L'énergie : le cas qui rapporte

La gestion d'énergie est l'usage domotique qui se rembourse : piloter la borne de recharge en dynamique, décaler la pompe à chaleur et le boiler sur les heures solaires ou tarifaires creuses, lire le compteur pour voir la pointe réelle. Ces fonctions se posent côté tableau, sur la mesure du compteur, pas côté gadgets.

Ce qu'on installe réellement

Concrètement, sur les chantiers de l'équipe, la domotique raisonnable ressemble le plus souvent à ceci : un « tout éteint » à la porte d'entrée qui coupe l'éclairage non essentiel, des volets motorisés commandés en filaire, un thermostat par zone en radio, la mesure du compteur qui pilote la borne et le boiler, et des détecteurs de présence dans les circulations. Rien de spectaculaire ; tout sert tous les jours.

Deux garde-fous avant de signer

  • La dépendance au nuage : tout ce qui cesse de fonctionner quand le fabricant arrête son service est un risque ; préférer les commandes qui restent locales.
  • Le réseau domestique : les appareils radio vivent sur le wifi de la maison ; un point d'accès prévu au plan et un réseau invité pour les objets connectés gardent le reste propre.

La règle de la maison

Câblé pour ce qui est structurel et long (commandes, volets, sécurité, réserve), radio pour ce qui est périphérique et interchangeable, et un tableau dimensionné pour la mesure d'énergie dès le départ. Le chantier qui pose les gaines vides aujourd'hui laisse toutes les options ouvertes pour demain ; c'est la différence entre une maison qui évolue et une maison qu'on recasse à chaque envie nouvelle.

Retour au circuit C04 · Équipements

Volterre

Relevés voisins