Le parafoudre : quand la protection est-elle exigée ?
Foudre, manœuvres du réseau, électronique de la maison : quand le RGIE impose un parafoudre en tête du tableau, comment il se choisit et ce qu'il protège vraiment.
par Marc Delvaux, électricien, chef de chantier relu par Nadia Bertels

Départ Savoir si votre installation exige un parafoudre et lequel.
Le parafoudre écrête les surtensions qui arrivent par le réseau : coup de foudre proche, manœuvre du distributeur, retour de courant après une panne. Sans lui, la surtension se paie en cartes électroniques : chaudière, domotique, télévision, borne de recharge, tout ce qui a une alimentation fragile.
Quand il est exigé
Le RGIE impose le parafoudre dans les cas où l'alimentation est exposée : installation alimentée par une ligne aérienne, bâtiment dans une zone recensée à risque de foudre, ou installation recevant des usages qui le justifient. En pratique, beaucoup de maisons belges raccordées en aérien entrent dans le cas ; le contrôle le vérifie et le relève quand il manque.
Au-delà de l'obligation, le parafoudre se justifie dès que la maison contient de l'électronique coûteuse : aujourd'hui c'est presque toutes.
Type 1, type 2, lequel poser
- Type 2 : le parafoudre domestique ordinaire ; il écrête les surtensions de manœuvre et de foudre indirecte. C'est celui qu'on pose en tête d'un tableau de maison.
- Type 1 : prévu pour les bâtiments avec paratonnerre ou en exposition directe ; il se combine avec le type 2 quand la situation l'exige.
Le parafoudre se pose en amont des différentiels, raccordé le plus court possible à la terre ; sa protection dépend presque autant de la qualité de la terre que du module lui-même. Un parafoudre sur une terre absente protège mal.
Ce qu'il protège, ce qu'il ne fait pas
Il absorbe les pointes venant du réseau, pas tout : une surtension montée par la ligne téléphonique ou l'antenne passe par un autre chemin, et la foudre tombée sur la maison relève du paratonnerre, pas du tableau. Le voyant du module indique son état ; après une grosse surtension, la cartouche peut être à changer, et c'est le seul entretien qu'il demande.
Aérien ou enterré : comment savoir
Le point de départ du raisonnement est la desserte : si le câble qui alimente la maison arrive par poteau jusqu'à la façade, l'installation est exposée et le parafoudre est en pratique imposé ; si le raccordement est enterré, l'exposition est plus faible et l'obligation dépend de la zone recensée. Le cas se lit sur la façade elle-même (le câble qui descend du poteau), dans le dossier du raccordement, ou auprès du distributeur quand le doute reste.
La cartouche, la seule pièce d'usure
Un parafoudre n'est pas éternel : chaque surtension absorbée use la cartouche interne. Le voyant passe au rouge ou s'éteint quand le module est consommé ; la plupart des cartouches se remplacent sans déposer le socle, en quelques minutes. Sur les installations exposées, on jette un œil au voyant à chaque passage au tableau, comme on regarde la pression d'une chaudière.
Ce que ça coûte, ce que ça évite
Le module de type 2 et sa pose au tableau représentent une dépense modeste à côté d'une carte de chaudière ou d'une borne à remplacer ; c'est l'un des gestes les moins discutés devis en main. Le raisonnement inverse joue aussi : un parafoudre posé « pour faire bien » sur une installation sans terre correcte est un accessoire ; on commence par la terre, le module suit.
Ce qu'on vérifie sur chantier
Quand l'équipe pose ou vérifie un parafoudre : le type adapté à l'alimentation, le raccordement à la terre le plus direct possible, la place et le repérage au tableau, et le voyant en fin de pose. Sur un contrôle en vue, c'est l'un des points qu'un organisme regarde systématiquement sur une alimentation aérienne.


